08.06.2026

Panorama des modèles d’usage : ce que les données suggèrent – et ce que cela implique pour les OEM et leurs partenaires de distribution 

Dans nos précédents articles, nous avons analysé comment le capital immobilisé et la gestion du cycle de vie peuvent limiter la croissance et accroître la complexité des stratégies d’équipement en Europe. Ensemble, ces pressions soulèvent une question : à mesure que la propriété devient plus complexe à gérer, comment les entreprises appréhendent-elles des modèles alternatifs ? 

À l’échelle européenne, le rapport montre que certaines organisations recourent à des modèles fondés sur l’usage pour une partie de leurs équipements. 45 % des entreprises indiquent déjà accéder à au moins un quart de leurs équipements via ces modèles. Dans le même temps, les résultats suggèrent une réalité plus nuancée. L’adoption ne semble pas progresser de manière uniforme et reste, dans de nombreux cas, contrainte par différents facteurs.

Parmi les freins les plus fréquemment mentionnés : 

  • une préférence pour la propriété 
  • une offre limitée de la part des fournisseurs 
  • une perception de coûts plus élevés dans le temps 
  • un manque de compréhension interne de ces modèles 
  • une incertitude sur les modalités de fin de contrat 
  • une complexité comptable ou de reporting 
  • des contraintes liées aux politiques d’achats 

Pris ensemble, ces éléments créent des points de friction qui permettent d’éclairer pourquoi l’adoption reste inégale. 

Ce que cela suggère pour les OEM et les fournisseurs d’équipements 

Pour les OEM et les fournisseurs, ces constats mettent en évidence à la fois des contraintes et des leviers potentiels. 
Si l’adoption des modèles fondés sur l’usage reste inégale, les freins identifiés mettent en lumière les domaines dans lesquels davantage de lisibilité, de flexibilité et d’accompagnement peuvent être attendus. 

Malgré ces freins, le rapport met en évidence que les dirigeants identifient certains bénéfices associés à ces modèles :

  • 58 % indiquent qu’un meilleur accès aux équipements améliorerait leur agilité 
  • 50 % estiment que les modèles CAPEX traditionnels exposent à des risques financiers inutiles 
  • 49 % considèrent qu’un accès plus flexible faciliterait leur adaptation aux variations de la demande 

Les résultats suggèrent également que certaines organisations associent ces modèles à : 

  • un meilleur accès aux technologies récentes 
  • une exposition réduite à l’obsolescence 
  • une plus grande flexibilité dans des environnements incertains 

Ces éléments indiquent que les modèles fondés sur l’usage peuvent être perçus non seulement comme des alternatives de financement, mais aussi comme des leviers de flexibilité dans certains contextes. 

Ce que cela suggère pour les OEM et les fournisseurs d’équipements

Au-delà du financement, les données suggèrent que les entreprises accordent une attention croissante à des éléments tels que l’accès, la gestion du risque et la capacité d’adaptation.
La capacité à traduire ces attentes dans des propositions lisibles et adaptées au cycle de vie peut influencer la manière dont ces modèles sont évalués.

La propriété reste importante, mais son rôle est réévalué

Malgré la présence des modèles fondés sur l’usage, la propriété demeure un élément structurant des stratégies d’équipement. Dans de nombreux secteurs, elle continue d’apporter :

  • contrôle
  • prévisibilité
  • stabilité à long terme

Dans le même temps, les données suggèrent que son rôle est de plus en plus évalué en fonction du contexte.
Plutôt qu’un choix binaire, les entreprises semblent considérer la propriété aux côtés d’autres approches, selon le type d’équipement, le cycle de vie et les priorités stratégiques.

Ce que cela suggère pour les OEM et les fournisseurs d’équipements

Les entreprises ne passent pas d’un modèle à un autre.
Elles combinent différentes approches.
Cela implique une adaptation des offres aux caractéristiques des équipements, au contexte des clients et à leurs priorités.

Conclusion : un paysage plus complexe entre propriété et usage

Les résultats du rapport ne mettent pas en évidence une transition simple vers les modèles fondés sur l’usage.

Ils décrivent plutôt une situation plus complexe, dans laquelle :

  • ces modèles sont déjà présents
  • certains bénéfices sont identifiés
  • mais leur adoption reste influencée par des facteurs pratiques, structurels et liés aux écosystèmes

Dans l’ensemble, les données suggèrent davantage une phase de réévaluation qu’un basculement linéaire, où différentes approches sont envisagées en parallèle, selon les contextes.  

FAQ


Qu’est-ce qu’un modèle fondé sur l’usage ?

Il s’agit d’une approche dans laquelle les entreprises privilégient l’accès, la flexibilité ou la performance plutôt que la propriété. Cela inclut notamment le leasing (sans option d’achat), la location ou des modèles par abonnement.

Pourquoi les entreprises s’y intéressent-elles ?

Les résultats suggèrent que certaines organisations associent ces modèles à davantage de flexibilité, à un meilleur accès aux technologies et à une exposition réduite à l’obsolescence.

Quels sont les principaux freins à l’adoption ?

Les données mettent en évidence des freins tels que la préférence pour la propriété, une offre limitée, la perception des coûts, ou encore un manque de compréhension interne.

Les entreprises s’éloignent-elles de la propriété ?

Les résultats ne vont pas dans ce sens. Ils suggèrent plutôt que la propriété est évaluée aux côtés d’autres approches, selon le contexte.

Les modèles fondés sur l’usage remplacent-ils les modèles CAPEX ?

Le rapport ne met pas en évidence un remplacement. Il suggère plutôt une coexistence de plusieurs approches, combinées en fonction des besoins et des contraintes.

Dans notre prochain article, nous aborderons une question plus large : si propriété et usage ont chacun un rôle à jouer, comment les entreprises appréhendent-elles leur articulation ?